En bref
La bourse et la startup ne jouent pas le même rôle. En bourse, tu peux revendre en quelques clics, tu suis la moyenne du marché avec un ETF, et un virement par mois suffit. En startup, ton argent est bloqué plusieurs années, beaucoup de lignes ne rapportent rien, et il faut trouver, analyser et suivre chaque dossier. L'un n'empêche pas l'autre : la startup est une poche à part, avec de l'argent qui peut dormir.
Bourse ou startup : chez moi, ce n'est pas un choix
J'ai deux poches. La première suit le marché. Je n'essaie pas d'y être plus malin que tout le monde : un virement par mois, et je n'y touche plus. La seconde, je la choisis, startup par startup.
L'une demande un virement. L'autre demande du travail, et c'est là que tout se joue. Comparer les deux, ce n'est pas désigner un gagnant. C'est comprendre ce que chacune te demande, pour savoir combien tu mets dans chaque poche.
Voilà les quatre différences que je regarde.
1. La liquidité : pouvoir récupérer ton argent
En bourse, tu vends en quelques clics, dès que le marché est ouvert. Le prix ne te plaira peut-être pas, mais tu peux sortir.
En startup, ton argent est immobilisé. On parle en général de 5 à 7 ans avant une sortie, c'est à dire une revente de la startup ou un rachat de tes parts. C'est un repère, pas une date. Certaines sortent plus tôt, d'autres beaucoup plus tard, d'autres jamais. Et entre les deux, tu ne peux pas décider de récupérer ton argent parce que tu en as besoin.
C'est la première question à te poser, avant même de parler de rendement : cet argent, peux-tu t'en passer pendant plusieurs années ?
2. Le rendement : la moyenne contre quelques réussites
Avec un ETF, tu suis la moyenne du marché. Tu ne feras pas mieux que le marché, et c'est voulu : tu achètes un peu de tout, et le résultat dépend de l'ensemble.
En startup, la logique est inverse. Beaucoup de lignes d'un portefeuille ne rapportent rien. Certaines ferment, et l'argent que tu y as mis peut être perdu en totalité. Quand le portefeuille s'en sort, ce sont quelques réussites qui portent tout le reste.
Deux conséquences. D'abord, une seule startup ne veut rien dire : il faut en avoir plusieurs, réparties sur plusieurs années. Ensuite, personne ne peut te promettre un rendement en startup. Si quelqu'un le fait, méfie-toi.
3. La fiscalité : deux logiques différentes
En bourse, l'impôt dépend de l'enveloppe que tu utilises, PEA ou compte-titres, et de la durée pendant laquelle tu gardes tes titres.
En startup, il existe une réduction d'impôt sur le revenu quand tu entres au capital de jeunes PME, sous conditions. Pour les versements de 2025, elle était de 18 % pour une PME classique, avec un plafond de versements de 50 000 € pour une personne seule et 100 000 € pour un couple. Il faut garder les titres 5 ans, et la réduction entre dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 €. Pour 2026, vérifie les taux sur impots.gouv.fr ou au BOFiP : ils changent souvent.
Il existe aussi le PEA-PME, dont le plafond est de 225 000 € en cumul avec le PEA classique. Ce sont les règles en vigueur au 13/10/2026, à vérifier sur impots.gouv.fr avant de compter dessus. Et une réduction d'impôt ne rend jamais bonne une startup mal choisie.
4. L'effort : un virement contre du travail
En bourse, un virement par mois, et tu n'y touches plus. C'est une vraie qualité : tu peux le faire seul, sans y passer tes soirées.
En startup, il faut trouver des dossiers, les analyser, puis les suivre pendant des années. C'est du travail, et c'est là que la méthode fait la différence. Avant chaque dossier, je passe par les trois mêmes questions :
Comment ?
Comment les bons dossiers arrivent jusqu'à moi. Ceux qui sont ouverts à tout le monde ne sont qu'une partie de ce qui existe.
Pourquoi ?
Pourquoi celle-là. Chaque startup passe dans la même grille, écrite à l'avance, pas devant un pitch qui me plaît.
Combien ?
Combien je mets par an, sur combien de startups, et quelle somme dans chacune. Mettre le même montant partout te coûte cher.
Ce que la bourse n'a pas : les gens derrière ton argent
Il y a une différence que les comparatifs oublient. En startup, tu connais les gens derrière ton argent. Tu rencontres les fondateurs, tu reçois leurs reportings, tu vois le produit avant tout le monde.
C'est ce qui me fait aimer cette poche. J'investis sur l'humain. Un fondateur qui me parle de ses clients, qui connaît ses points faibles et qui répond franchement à mes questions, je peux le juger. Une ligne dans un indice, non.
Un ETF ne te rappellera jamais.
Ça ne rend pas la startup moins risquée. Ça la rend plus exigeante : tu as plus d'informations, mais c'est à toi de les lire.
Dans cette vidéo, j'explique pourquoi on parle de capital risque, et ce que ça implique pour toi :
Ma réponse : l'un n'empêche pas l'autre
La startup, c'est une poche à part. Une enveloppe que tu peux te permettre de laisser dormir plusieurs années, et dont tu acceptes qu'une partie ne revienne jamais.
- La bourse te donne de la souplesse et la moyenne du marché, pour peu d'effort.
- La startup te demande du temps, une méthode et de la patience, et te donne accès aux entreprises et aux gens qui les construisent.
La bourse, tu peux la faire seul. La startup, beaucoup moins. Si tu veux comprendre comment ça marche concrètement, de l'achat de tes premières parts jusqu'à la revente, j'ai tout réuni dans comment investir dans une startup quand on est particulier.
Sources : réduction d'impôt pour investissement dans une PME sur impots.gouv.fr (page « Si j'investis dans une entreprise, ai-je droit à une réduction d'impôt ? »), plafond du PEA-PME sur economie.gouv.fr.
