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Risques et mental

Mon échec à 28 ans : je courais après le mauvais chiffre

Parti de rien, j'ai gagné beaucoup en crypto, puis j'ai tout reperdu, plus d'un million d'euros. À 28 ans, je visais 10 millions. Voilà ce que j'ai compris quand j'ai arrêté de compter de cette façon, et ce que ça change dans ma manière d'investir en startup.

Publié le 22 octobre 20266 min de lecture

En bref

Parti de rien, j'ai gagné beaucoup en crypto, puis j'ai tout reperdu, plus d'un million d'euros. Pendant des années, j'ai confondu ce que je valais avec ce que je possédais, et je visais 10 millions d'euros à 28 ans. Mon échec n'a pas été de rater ce chiffre. Il a été de le prendre comme seule mesure. Aujourd'hui, j'investis en startup avec trois autres questions, et sur un temps long que je ne peux pas regarder toutes les heures.

Parti de rien, puis tout reperdu

Je suis parti de rien. En deux ans, j'ai vu mon compte grimper bien au delà de ce que j'imaginais, jusqu'à plus d'un million d'euros. Puis j'ai tout reperdu.

Je raconte souvent la deuxième partie, parce que c'est celle qui m'a appris quelque chose. Monter vite, quand le marché monte avec toi, ça ne demande pas beaucoup de méthode. Tout perdre, en revanche, t'oblige à regarder en face la façon dont tu prends tes décisions.

Et ce que j'ai vu ne m'a pas plu. Je n'avais pas de plan. J'avais un chiffre en tête, et je réagissais à l'écran.

Le vrai problème : je m'identifiais à mon patrimoine

Le plus dur à expliquer, ce n'est pas la perte. C'est ce qu'elle faisait dans ma tête bien avant d'arriver.

Quand tout était vert, j'allais bien. Quand ça baissait, je me sentais minable. Mon humeur de la journée dépendait d'une courbe que je ne contrôlais pas. Ça ne se voyait pas de l'extérieur. Autour de moi, personne ne savait. Mais ça décidait de tout : mes choix, mon énergie, la manière dont je parlais aux gens.

Je crois que beaucoup d'investisseurs vivent ça sans le dire. Tu ouvres ton application dix fois par jour, tu te sens intelligent quand ça monte et nul quand ça descend. Le problème n'est pas le marché. Le problème, c'est de laisser un chiffre te dire qui tu es.

10 millions à 28 ans : un objectif pour prouver, pas pour vivre

À l'époque, je m'étais fixé un objectif précis : 10 millions d'euros à 28 ans.

Avec le recul, je sais pourquoi ce chiffre ne tenait pas. Je ne le visais pas pour en faire quelque chose. Je n'avais aucun projet derrière, aucune idée de la vie que cet argent devait permettre. Je le visais pour prouver quelque chose, aux autres et surtout à moi.

Un objectif qui sert à prouver n'a pas de fin. Tu l'atteins, tu en fixes un autre. Tu le rates, tu te sens nul. Dans les deux cas, il pousse à prendre plus de risques que ce que tu devrais, parce que tu n'investis plus pour construire, tu investis pour te rassurer.

Le déclic : une retraite, presque par hasard

J'ai fait une retraite après une année compliquée. Je n'y allais pas pour réfléchir à mon argent. J'y allais parce que j'avais besoin de souffler.

J'en suis sorti en comptant autrement. Pas du jour au lendemain, et pas avec une grande révélation. Simplement, en prenant de la distance, j'ai vu que je jugeais chaque décision avec un seul chiffre, et que ce chiffre ne me disait rien de ce qui comptait vraiment pour moi.

Les trois questions qui ont remplacé le chiffre

Aujourd'hui, avant de m'engager dans un investissement, je ne me demande plus d'abord combien il peut me rapporter. Je me pose trois questions :

Aujourd'hui : le temps que ça me prend vraiment, les gens que ça met sur ma route, ce que ça construit dans dix ans. Trois questions qui ont remplacé le chiffre.
  1. Le temps que ça me prend vraiment

    Analyser un dossier, rencontrer un fondateur, lire les reportings. Si je n'ai pas ce temps, je ne fais pas l'investissement, même s'il me plaît.

  2. Les gens que ça met sur ma route

    J'investis sur l'humain. Un fondateur avec qui je peux parler franchement m'apprend plus qu'un bon tableau de chiffres.

  3. Ce que ça construit dans dix ans

    Pas ce que ça vaut demain matin. Ce que ça ajoute à mon patrimoine, à mes connaissances et à mon réseau sur une longue période.

Ces trois questions ne remplacent pas l'analyse d'une startup. Elles passent avant. Elles m'évitent de dire oui à un dossier pour de mauvaises raisons.

Ce que ça donne dans mon portefeuille de startups

J'ai aujourd'hui 39 startups en portefeuille. Ce que j'en retire ne se résume pas à une valeur sur un écran. C'est 39 façons de penser, des reportings qui arrivent chaque mois, et un réseau qui ouvre des portes que l'argent seul n'ouvre pas.

C'est aussi un patrimoine que je ne peux pas regarder toutes les heures. Il n'y a pas de cours qui bouge en direct. Et c'est tant mieux. Je ne peux plus laisser une courbe décider de mon humeur, parce qu'il n'y a plus de courbe.

L'échec, ce n'était pas de rater le chiffre. C'était de l'avoir pris comme seule mesure de ce que je valais.

Le temps long, ce que personne n'aime entendre

En startup, on parle souvent de 5 à 7 ans avant une sortie. C'est un repère du marché, pas une règle. Certaines se revendent plus tôt, d'autres beaucoup plus tard, et certaines ferment. Si elle ferme, l'argent que tu y as mis peut être perdu en totalité.

J'ai commencé à investir en startup il y a environ six ans. Cette année, deux startups de mon portefeuille ont été revendues. Je le dis pour montrer le temps que ça prend, pas pour te faire une promesse : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le temps long a un avantage que j'ai mis des années à voir. Il t'oblige à décider à l'avance. Combien tu mets par an, sur combien de startups, et quelle somme dans chacune. Tu ne peux pas corriger une erreur en revendant le lendemain, alors tu apprends à réfléchir avant. Si tu veux comprendre ce que tu risques vraiment avant ton premier ticket, j'ai réuni l'essentiel dans les risques d'investir en startup.

Dans cette vidéo, je raconte cet échec plus en détail :

L'échec de 10M€ à 28 ans

Ce que je te dirais si tu commences

Si tu veux savoir où tu en es avant de commencer, tu peux faire le test investisseur. Quelques minutes, et tu sais quel point travailler en premier.

Contenu pédagogique : ce n'est ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'acheter ou de vendre. Investir en startup comporte un risque de perte totale du capital investi et une forte illiquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Tes questions

Les questions qu'on me pose le plus

Est-ce qu'on peut tout perdre en investissant en startup ?

Oui. Si une startup ferme, l'argent que tu y as mis peut être perdu en totalité. C'est pour ça qu'on ne met dans les startups que de l'argent dont on n'aura pas besoin pendant plusieurs années, et qu'on décide à l'avance combien on met dans chacune, au lieu de tout concentrer sur un seul dossier.

Combien de temps faut-il attendre avant une revente ?

On parle souvent de 5 à 7 ans avant une sortie. C'est un repère du marché, pas une promesse : certaines startups se revendent plus tôt, d'autres beaucoup plus tard, et certaines jamais. Si tu as besoin de voir ton argent bouger chaque semaine, la startup n'est pas faite pour cette partie de ton patrimoine.

Comment ne pas paniquer quand un investissement baisse ?

Ce qui m'a aidé, c'est de ne plus regarder un seul chiffre. Je me demande ce que l'investissement me coûte en temps, les gens qu'il met sur ma route et ce qu'il construit sur dix ans. Une startup ne se regarde pas toutes les heures, et c'est une bonne chose : tu juges ce que fait l'entreprise, pas une courbe.

Pourquoi passer de la crypto aux startups ?

En crypto, je subissais le marché. En startup, ce que vaut mon investissement dépend de ce que l'entreprise construit : ses clients, son produit, son équipe. Ça ne veut pas dire que c'est moins risqué. Ça veut dire que je peux analyser ce que j'achète avant d'y mettre de l'argent.

Est-ce que tu peux me dire dans quelle startup investir ?

Non. Je ne suis pas conseiller en investissements financiers. Je t'apprends une méthode et je te montre comment je réfléchis sur de vrais dossiers. La décision reste toujours la tienne.